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Propositions du Conseil d’Orientation pour l’Emploi sur l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes

Mieux informer les jeunes sur leurs chances de réussite ; mieux articuler le monde de l’éducation et le monde du travail ; passer de l’orientation par l’échec à la construction d’un projet personnel et professionnel ; faire en sorte que l’orientation scolaire et professionnelle contribue à l’ascension sociale plutôt qu’à la reproduction des inégalités. Tels sont les objectifs des propositions que le Conseil d’orientation pour l’emploi a adoptées à l’unanimité lors de sa séance plénière du 20 janvier 2009 consacrée à l’orientation scolaire et professionnelle (PDF).

C’est la première fois que l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes est abordée par une instance traitant explicitement de l’emploi.

Le Conseil a auditionné des experts, des acteurs de l’orientation, des représentants des étudiants, des lycéens, des parents d’élèves, des enseignants. Il a également organisé une consultation Internet pour donner la parole aux jeunes, aux parents d’élèves, à la communauté éducative, sur la façon dont se passe l’orientation scolaire et professionnelle et sur ce qu’il faudrait améliorer. Cette consultation a enregistré plus de 27 000 consultations et 450 contributions. A partir de l’état des lieux qu’il a ainsi dressé, le Conseil présente aujourd’hui ses propositions.

Le constat :

L’orientation recouvre à la fois l’information, l’aide à l’élaboration d’un projet personnel et professionnel, et l’affectation dans une filière de formation. Elle doit être pensée comme un processus complexe, qui suppose pour chaque jeune de s’interroger sur lui-même et sur son environnement. Les jeunes sont inégaux face à la question de l’orientation dans la mesure où les familles sont très inégalement dotées en informations, et les contraintes de mobilité géographique peuvent limiter les choix. Les difficultés d’insertion professionnelle de beaucoup de jeunes trouvent en partie leur origine dans une orientation qui tient insuffisamment compte des talents, des aspirations des jeunes comme des débouchés professionnels des études suivies.

Le Conseil rappelle le rôle fondamental de l’Etat dans l’accompagnement des jeunes, qui doit faire en sorte que chaque élève, en fonction de ses intérêts et de ses compétences, et en disposant de la meilleure information possible sur les filières et leurs débouchés, puisse avoir accès à la formation de son choix.
Des propositions rassemblées autour de sept grands thèmes :

Les propositions visent à favoriser l’égalité des jeunes face à l’orientation en leur donnant le plus possible la maîtrise de leur destin.

1. L’information sur les métiers, les filières de formation et l’emploi

Le Conseil propose de rendre obligatoire la publication, pour chaque filière de formation, d’informations précises et fiables sur le devenir des étudiants diplômés et des non diplômés. Il entend que cette information soit accessible, gratuitement, à tous les jeunes et en tout état de cause au moment de leur inscription dans une filière.

Le Conseil propose aussi de distribuer, avant l’entrée en Troisième, en Terminale et en première année de Licence, une plaquette donnant aux jeunes et aux familles des informations sur les filières, les débouchés et les métiers. Il préconise d’associer davantage les entreprises, leurs salariés, ainsi que les fédérations et organisations professionnelles à l’information des élèves. Le Conseil souhaite que soient mis à disposition du grand public et des équipes éducatives, gratuitement, sous une forme très accessible et pédagogique, les résultats des études prospectives sur les métiers.

2. La préparation des choix d’orientation

Le Conseil estime qu’il convient d’inscrire à l’emploi du temps des élèves, de la classe de Cinquième à la Terminale, l’équivalent d’une journée par trimestre de découverte des activités, des métiers et des formations.

Dans le supérieur, les universités devront offrir, dès la première année de licence, un module de construction du projet personnel et professionnel de l’étudiant (découverte d’un secteur professionnel, d’un métier, méthodologie de rédaction de CV et de lettres de motivation, préparation aux entretiens d’embauche…).

Le Conseil souhaite rendre obligatoire, pour chaque dernière année de cursus, un stage en entreprise, dans une administration ou une association, et développer des modules d’enseignement en alternance.

3. L’accompagnement et le conseil personnalisé

Les conseillers d’orientation psychologues sont environ 3500, pour plus de 5 millions d’élèves dans le second degré, soit un ratio d’environ 1500 élèves par COP. Le Conseil propose de relancer le recrutement et de renforcer les équipes de professionnels de l’orientation au sein de l’Education nationale, à partir d’une analyse concertée des besoins.

Il souhaite ouvrir le recrutement des conseillers d’orientation à d’autres profils : économistes, pédagogues, professionnels ayant une expérience de l’entreprise, etc.

4. La structuration du réseau d’accueil, d’information et d’orientation

Le réseau d’accueil, d’information et d’orientation est constitué d’une multitude d’acteurs insuffisamment coordonnés, sauf dans quelques régions pilotes. Dans le cadre d’un schéma national, le Conseil propose de mettre en œuvre des plates-formes de coordination, à l’échelle régionale, des différents acteurs de l’orientation.

Le Conseil veut favoriser l’émergence de lieux d’accueil du grand public clairement identifiés par un label national, regroupant les différents acteurs de l’orientation et de l’insertion, sur le modèle des cités des métiers. Il recommande par ailleurs de mettre en place une plateforme téléphonique d’information et d’orientation, publique et gratuite.

5. La transition secondaire/supérieur

L’orientation active et la procédure de pré inscription sont déjà à l’oeuvre. Pour aller encore plus loin, le Conseil propose, en Terminale, d’organiser des tests d’aptitude, anonymes et à l’usage exclusif des jeunes, permettant aux lycéens qui souhaitent s’engager dans une filière universitaire donnée, d’évaluer objectivement leurs chances de réussite et de repérer leurs lacunes. Il suggère de rendre obligatoires les entretiens d’orientation avec l’établissement d’accueil pour les lycéens dont le projet d’orientation peut s’avérer problématique.

6. L’offre de formation

L’offre de formation doit être rendue plus réactive en mettant en place une procédure d’alerte pour toutes les formations dont les taux de réussite et les taux d’insertion professionnelle des diplômés ne sont pas satisfaisants. Pour que cette offre soit plus lisible, il convient de regrouper sous un même intitulé les formations dont le contenu est quasiment identique. Pour que leur contenu soit plus compréhensible par les étudiants et les employeurs, il faut aussi traduire les diplômes du supérieur en termes de compétences et mieux consulter les partenaires sociaux sur leur définition.

L’anxiété face à l’orientation résulte, en partie, de ce que les jeunes ont le sentiment que le choix de leur formation initiale les inscrira de façon irréversible dans une trajectoire donnée. Le Conseil souhaite donc aménager davantage de passerelles entre les filières de formation et� permettre des allers-retours entre la formation et l’emploi.

7. L’élargissement du choix par l’aide à la mobilité

Parce qu’il n’est pas toujours aisé de se déplacer ou de trouver une solution d’hébergement hors du foyer parental à un coût abordable, le choix des jeunes se limite souvent à une offre de formation locale. Afin de desserrer cette contrainte, il conviendrait de mettre en place des aides financières à la mobilité pour les jeunes qui s’engagent dans une formation loin de leur domicile et de développer l’offre d’internats et de transports.

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